HORAIRES D’ETE 2022

La Messe

en semaine
8h:
 du lundi au vendredi à Saint Bonaventure.

Le Dimanche
Samedi soir: 18h15 à Saint Jean-Saint Pierre
Dimanche: 9h15 (2ème et 4ème dimanche du mois) à Cuxac d’Aude (Magri)
10h30 à Saint Bonaventure

La messe du dimanche soir n’a pas lieu à Saint Bonaventure mais au Somail à 18h.

La Liturgie Des Heures

à Saint Bonaventure

Matin: du lundi au samedi : 7h20
Dimanche: 8h

Soir (vêpres): 19h

Publicité

LE TRIDUUM PASCAL

UN TEMPS ET LIEUX

L’autre versant de la célébration du mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ est ce que nous appelons le « TIDUUM » sacré, comme cité plus haut, qui concerne le temps entre le jeudi-saint au soir jusqu’au dimanche de Pâques. La différence avec le reste de l’année liturgique est que l’on freine la course d’une célébration annuelle (Toute l’histoire du salut en un an, de dimanche en dimanche) pour célébrer en « temps réel ». Pour ce faire, nous avons emprunté à une tradition concerne non seulement le temps, mais aussi l’espace, c’est-à-dire les lieux-mêmes où se sont déroulés ces évènements : Jérusalem. Egérie, une pélerine bordelaise du IVème siècle nous permet, à travers son témoignage écrit, de retrouver dans les célébrations de la semaine sainte à Jérusalem, l’origine de nos propres célébrations durant les jours saints.

Les deux versants de ces célébrations tiennent donc compte du temps et des lieux :

Tout d’abord, la liturgie des heures (comme son nom l’indique) va nous dérouler les évènement successifs grâce aux antiennes qui introduisent les psaumes : ainsi les laudes du Jeudi saint font allusion aux préparatifs de la Cène.

« J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir » (antienne du cantique de Zacharie). Pour les laudes du vendredi saint, c’est le procès de Jésus : « Sur la croix fut écrite sa condamnation : Jésus le Nazaréen, le roi des juifs. »

Ensuite ce sont les grandes célébrations : On chante, on célèbre, on se déplace aussi : procession au reposoir, procession de la croix, procession du cierge pascale : du Cénacle au jardin des oliviers, du St Sépulcre au Cénacle… Nous accomplissons des gestes significatifs

La messe de la Cène nous fait revivre le lavement des pieds, l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce et la procession au reposoir, le trajet des disciples se rendant à Gethsémani.

L’office de la mort du Seigneur le Vendredi saint, nous fait relire comme pour Rameaux, la passion dialoguée selon St Jean, avec la grande prière universelle où l’Eglise, célébrant le mystère du salut par la croix ne veux oublier personne dans son intercession, enfin, la croix est dévoilée ou exposée et la communion. Tout est achevé.  On dépouille les autels…

Puis c’est le grand shabbat qui est moins le temps du vide que de l’espérance. L’Eglise veille : il n’y a pas de messe, pas de présence : le tabernacle est vide et ouvert.

Le samedi saint, seule la liturgie des heures réunit la communauté dans une sereine méditation près du Christ au Tombeau : la deuxième lecture de l’office reprend une ancienne homélie pour le grand et Saint Samedi : « C’est le premier homme que Jésus va chercher…il le prend par la main et le relève, dit le texte. »

NOEL 2021

La venue du Seigneur dans notre chair est en principe une grande joie . Cette année encore nous vivons sous l’emprise d’une pandémie qui s’éternise. Nous voudrions dire à tous ceux qui seront isolé demain et après-demain qu’il ne sont pas seuls., que nous les rejoignons.

La situation; aussi morose qu’elle puisse paraître ne change rien au mystère que nous célébrons. C’est pourquoi c’est une joie peut-être plus intérieure, plus grave qui doit nous étreindre. Elle nous renvoie à l’essentiel. La purification qui nous est imposée ne nous empêche pas de nous incliner profondément devant l’enfant de Bethléem.

Alors, quelque soit la situation, à défaut peut-être de vous souhaiter un « joyeux » Noël nous vous le souhaitons « Bon » de la bonté divine qui ne manquera pas de nous visiter en cette nuit très sainte de la nativité.

NOEL A SAINT BONAVENTURE

24 décembre:

17h: messe avec les familles.

18H: Messe à Cuxac d’Aude

18h30: messe à Saint Jean-Saint Pierre.

00h : Messe à Saint Bonaventure

25 décembre:

Messe à 10h30 et à 18h30 à Saint Bonaventure.

AVENT, VOICI LE TEMPS

C’est le temps où il fait bon rentrer chez soi le soir. Si peu que l’on ait patienté sur la rocade ou couru dans les rayons d’un supermarché pour faire une course à la dernière minute.

C’est le temps des lumières dans la ville qui fait oublier que la nuit tombe vite avec les températures, même sous nos latitudes.

C’est le temps des préparatifs de la plus belle des fêtes de l’année : celle des familles qui vont se réunir : quelle décoration, quoi offrir à ceux que l’on aime, avec qui se retrouver et partager pour cette occasion.

C’est le temps d’une lumière, d’une chaleur qui envahit le cœur des hommes et leur inspire plus de solidarités. La soupe populaire entre gare et médiathèque prend un sens particulier.

C’est le temps où l’on espère un peu de douceur intérieure, un je ne sais quoi d’amour qui brille au fond de soi, comme la première bougie que l’on faire briller sur la couronne de sapin. Cette lanterne posée sur le rebord de la fenêtre qui indiquera à l’Étranger qu’il peut frapper à la porte et que l’on peut accueillir.

C’est le temps de l’Avent !

fr.Bernard-Marie Cerles.

17 septembre : Les stigmates de Saint François

Le corps épuisé par les privations, François se rend au mont Alverne en compagnie de ses disciples Masseo, Rufin, Ange et Léon.
Au soir du 15 août 1224, ils entament un jeûne de 40 jours, en vue de se préparer à la fête de Saint Michel.
Jour après jour et isolé de ses compagnons, François se nourrit frugalement, à même la pierre de la grotte où il a trouvé refuge. À plusieurs reprises, Dieu lui apparaît jusqu’à ce 14 septembre où la vision d’un ange aux ailes déployées lui est dévoilée. D’une image du Crucifié qu’il tient, s’échappent 5 rayons qui transpercent François. Au matin, ce dernier découvre avec stupeur qu’il porte dans sa chair les stigmates de la Passion du Christ.
Découvertes par ses compagnons, ces blessures donnent à François une véritable aura de saint. Mais peu importe au Petit Pauvre. Malgré ses souffrances inouïes, il repart prêcher. Affaibli, il ne se déplace plus qu’à dos de cheval ou d’âne. Il ne respecte pas la Règle qui prévoit que les frères Mineurs malades puissent se retirer dans un couvent.

Pour lui, que les souffrances accompagnent désormais comme « ses sœurs », il n’y aura ni cesse ni répit. Il continue d’aller de village en village où des foules considérables viennent l’écouter et reprendre espoir.
Au printemps 1225, François revient à Saint-Damien, berceau de sa vocation mais aussi Eglise dans laquelle sa chère « sœur » Claire a fondé l’Ordre des Clarisses. Il souffre pourtant terriblement et est presque aveugle : incapables de discerner la lumière ses yeux pleurent jour et nuit. Des médecins se relaient sans cesse à son chevet, mais s’avèrent incapables d’apaiser ses maux empirés par les stigmates reçus au mont Alverne.

Claire lui construit une cabane de roseaux près du jardin des sœurs. Un jour, après une conversation avec l’abesse des « Pauvres Dames », François compose un chant d’amour au Créateur, le Cantique du Soleil et des Créatures (voir : prières)
Parvenu au terme de ses forces, c’est presque moribond que François remet son cantique à frère Pacifique. Puis, en septembre 1225, il se rend aux supplications du frère Elie. Il quitte Saint-Damien pour se rendre à Rieti ou l’attendent le pape et de savants docteurs.

A Fonte Colombo, où son état a empiré, des médecins décident de recourir à la cautérisation : ils vont lui brûler les tempes au fer rouge pour décongestionner ses yeux.
L’humble mineur craint cette intervention sans parvenir à l’empêcher. Du reste, il la subit avec courage et affirme même n’en avoir ressenti aucune douleur, prêt à recommencer si cela était nécessaire.
Mais l’état du patient ne s’améliore pas pour autant. Il quitte cependant Rieti à la fin de 1225. Sentant sa fin proche, il réclame de rentrer chez lui, transporté sur un brancard par des Mineurs.

Le Petit Pauvre parvient à Assise en juillet 1226, dont il repart, toujours perclus d’intenses douleurs vers Sainte-Marie-des-Anges. Le soir du vendredi 2 octobre, il réunit les Mineurs et leur délivre son testament avant de s’éteindre, dans la Paix de Dieu le 3 octobre 1226, à l’âge de 44 ans, marqué au corps par des plaies semblables à celles de Jésus crucifié.
Il est canonisé en 1228 par Grégoire IX.
Claire d’Assise apparaît comme la dépositaire de l’esprit de François d’Assise. Elle rédige la règle de son ordre, les « Clarisses » (moniales cloîtrées), que le pape Innocent IV approuve à Assise peu avant sa mort, en août 1253.

ASSOMPTION

L’Immaculée est la réalité la plus sublime entre Dieu et la création. Elle est une image fidèle de la perfection de Dieu, de sa Sainteté. Plus grande sera notre perfection dans l’amour, plus étroite sera l’union de notre volonté avec celle de Dieu. Parce que la très Sainte Mère de Dieu surpasse dans sa perfection tous les anges et les saints, sa volonté s’unit et s’accomplit dans la plus étroite collaboration avec la volonté de Dieu, elle vit et oeuvre uniquement en Dieu, et à travers Dieu.

St Maximilien-Marie Kolbe.

Acte de consécration à l’immaculée

Daignez recevoir ma louange, ô Vierge bénie ! Immaculée Conception, Reine du ciel et de la terre, Refuge des pécheurs et Mère très-aimante, à qui Dieu a voulu confier tout l’ordre de la miséricorde, me voici à vos pieds, moi, pauvre pécheur. Je vous en supplie, acceptez mon être tout entier comme votre bien et votre propriété. Agissez en moi selon votre volonté, en mon âme et mon corps, en ma vie et ma mort et mon éternité. Disposez avant tout de moi comme vous le désirez, pour que se réalise enfin ce qui est dit de vous : La Femme écrasera la tête du serpent et aussi : Vous seule vaincrez les hérésies dans le monde entier. Qu’en vos mains immaculées, si riches de miséricorde, je devienne un instrument de votre amour, capable de ranimer et d’épanouir pleinement tant d’âmes tièdes ou égarées. Ainsi s’étendra sans fin le règne du Coeur divin de Jésus. Vraiment, votre seule présence attire les grâces qui convertissent et sanctifient les âmes, puisque la grâce jaillit du Coeur divin de Jésus sur nous tous, en passant par vos mains maternelles.

Saint Maximilen-Marie Kolbe

ordination épiscopale de Mrg François Bustillo, évêque d’Ajaccio.

Homélie de Mgr Jean-Marc Aveline :

« Sur ces mots, Jésus dit à Pierre : “suis-moi” ! »
Avant de faire à Pierre cette demande décisive, Jésus avait préparé sur le rivage un petit feu de braises, désigné dans l’Évangile de Jean par le même mot (anthrakia) que celui devant lequel Pierre se chauffait, perdu et déçu, au moment de son reniement. Mais maintenant, ce petit feu de braises a pris une signification inversée : symbole de complicité dans la traitrise, il devient le point de départ d’une nouvelle confiance. Nous le savons tous : c’est le chemin de notre conversion. « Miserando atque eligendo », selon la forte devise du Pape François. Et Pierre, enfin libéré de son triple reniement par la triple question d’amour de Jésus, va pouvoir, maintenant qu’il se sait aimé malgré sa faiblesse, maintenant qu’il se sait choisi en dépit de son péché, Pierre va pouvoir humblement mettre ses pas dans ceux de son Maître et Jésus va pouvoir, sur l’humanité pardonnée de Pierre, bâtir son Église. « Pais mes brebis », lui a demandé le Seigneur ! Et saint Augustin commente : « Si tu m’aimes, ne pense pas que c’est toi le pasteur ; mais pais mes brebis comme les miennes, non comme les tiennes ; cherche en elles ma gloire, non la tienne, mon bien, non le tien, mon profit et non le tien ! »
Déjà, dans le livre d’Ézéchiel, nous avons entendu que Dieu, après avoir exprimé sa colère contre ceux qui prétendent être des pasteurs en Israël et qui ne s’occupent que d’eux-mêmes et de leurs propres intérêts, délaissant les brebis qui leur ont été confiées, Dieu donc, décide de leur reprendre leurs brebis et de s’en occuper lui-même, avec autant de tendresse que de vigilance : « Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis et je veillerai sur elles. […] J’irai les délivrer de tous les endroits où elles ont été dispersées. […] Je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. »
Ton nouveau ministère d’évêque, cher François, procède tout entier de cet amour de Dieu pour son peuple. Il l’aime le premier et jalousement. S’il te le confie, c’est qu’il compte sur toi, malgré tes faiblesses et ton péché, pour aimer son peuple autant qu’il l’aime. Saint Athanase disait que « l’évêque, avant d’être ordonné, peut vivre pour lui-même, mais qu’à partir de son ordination, il est obligé de vivre pour ses brebis, du salut desquelles il doit certainement rendre compte. » Voilà pourquoi il nous faut bien réfléchir avant de dire « oui » ! Et puisque tu as déjà dit « oui » et que tu le rediras liturgiquement tout à l’heure, devant ce peuple de Corse qui t’est confié aujourd’hui, laisse Dieu lui-même, par sa grâce, élargir ton cœur d’évêque aux dimensions de son amour. Nous savons tous d’expérience qu’il faut du temps pour apprendre à compter moins sur nos propres forces que sur le Seigneur ! L’acte de suivre Jésus et l’acte d’accepter d’être dépossédé de notre prétendue maîtrise sont les deux faces d’un même engagement. Ta vie, cher François, nul ne te la prendra puisque tu l’as déjà donnée. Mais faire le choix de laisser vraiment Dieu faire ce qu’il veut de ce qu’on lui a donné est un combat de chaque jour et un témoignage dont la force est susceptible d’édifier le peuple chrétien et de rejoindre la soif spirituelle de l’humanité.
Permets-moi de te donner fraternellement deux conseils pour cela : d’abord, accorde plus d’importance au tabernacle qu’à ton bureau et laisse le soleil de la Présence buriner lentement ton âme de pasteur ! Mon prédécesseur, Mgr Pontier, m’avait lui-même formulé ainsi ce précieux conseil : « chaque fois que l’on augmente le poids de ta charge, toi, allonge le temps de ta prière » ! Ensuite, c’est mon deuxième conseil : sois un évêque de terrain, et même un évêque « tout terrain ». Pas besoin de t’acheter un coûteux 4/4 pour cela. Il te suffit d’accompagner humblement et sans relâche le pèlerinage de Dieu vers chacune de ses brebis, pour parler comme Benoît XVI. C’est là ton autre tabernacle. « La brebis perdue, je la chercherai, dit Dieu ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. »
Ainsi étiré entre le tabernacle et le peuple, saisi d’effroi devant Dieu et de compassion au chevet de ses enfants, ton cœur s’élargira peu à peu aux dimensions du mystère que saint Paul essayait d’exprimer dans sa lettre aux Éphésiens. « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Tel est le projet éternel de Dieu qui s’est réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. La mission de l’Église, c’est de coopérer à ce projet qui est l’œuvre du salut. Non pas d’être une religion qui réussit selon les critères mondains de la croissance et de l’efficacité, mais plutôt de coopérer avec l’Esprit Saint pour être au service de la relation d’amour de Dieu pour le monde. C’est parce que Dieu aime le monde que l’Église est missionnaire et non pour se glorifier elle-même. Et c’est aussi parce que le monde rejette souvent cet amour de Dieu que l’Église est semée dans le sang des martyrs, comme disait Tertullien.
Voilà pourquoi, cher François, toi qui vas devenir, par la grâce de Dieu, l’un des successeurs des Apôtres, tu reçois la charge de veiller par-dessus tout à ce que l’Évangile soit annoncé. Tout à l’heure, quand tu auras déclaré que tu acceptes la charge épiscopale au service du peuple de Dieu et que tu t’engages à la remplir jusqu’à la mort, avec la grâce de l’Esprit Saint, je te demanderai : « voulez-vous annoncer l’Évangile du Christ, avec fidélité et sans relâche ? » Et dans ton « oui », c’est toute ta vie qui sera désormais consacrée, en communion avec le successeur de Pierre et tout le collège épiscopal, au service de cette annonce.
Tu le sais bien : annoncer l’Évangile, ce n’est pas répéter des slogans. Éloi Leclerc, franciscain comme toi, l’avait exprimé en quelques lignes lumineuses : « Évangéliser un homme, c’est lui dire : toi aussi, tu es aimé dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profondes. » Cher François, j’ai encore un petit conseil : commence par accueillir le peuple de Corse qui t’offre son amitié ! Prends le temps de l’accepter de tout ton cœur. Un peu comme saint Jean-Paul II commençait par embrasser, en signe de profond respect, la terre des pays où il arrivait. Et plus encore comme le Seigneur Jésus lui-même, se laissant laver les pieds à Béthanie avant de refaire ce geste pour ses Apôtres au soir du Jeudi Saint. Accepte donc l’amitié que t’offre ton peuple, ce peuple qui est à Dieu, ce peuple qu’il te confie et auquel il te confie. Écoute ce peuple te raconter les merveilles que la grâce de Dieu a déjà opérées sur cette terre bénie de la Corse !
D’autant plus que cette île, tu le découvriras par toi-même, a une âme toute franciscaine ! Ne dit-on pas ici que saint François lui-même, navigant en Méditerranée entre l’Espagne et l’Italie, aurait été contraint de faire escale à Bunifaziu ? Il serait allé demander l’hospitalité au couvent de Saint-Julien, alors desservi par des religieux hospitaliers qui le prirent pour un vagabond et refusèrent de le recevoir. Le saint se retira alors dans une grotte voisine, et à l’aube, les moines furent tout étonnés de voir la grotte illuminée par une radieuse clarté. Tu découvriras également la suggestive superposition de la carte des implantations franciscaines avec celle des confréries, si importantes encore aujourd’hui pour saisir le fond de l’âme corse.
Certes, tu n’es pas le premier franciscain à devenir évêque de Corse. Le premier le fut en 1312, et c’était aussi un 13 juin ! Ainsi, il semble avoir été préparé depuis longtemps, ce jour où un franciscain prénommé François serait nommé par le pape François comme évêque d’une Corse profondément marquée par saint François ! Permettez donc à l’archevêque métropolitain de vous dire : ne manquez pas ce rendez-vous ! Ça fait beaucoup de planètes alignées ! Toi, Église de Corse, plonge dans tes racines spirituelles pour fortifier ton ardeur missionnaire. N’aie pas peur de prendre ta part dans la mission de l’Église universelle. Tu es au cœur de la Méditerranée, cette mer qui conjugue tant de défis aujourd’hui : défi migratoire, défi écologique, défi de la disparité économique, de la pluralité religieuse, de la tension belliqueuse entre les peuples. Et tous ces défis te bousculent toi aussi. Alors, ne te replie pas sur toi-même. Sois fière de ta culture et de ton héritage, mais surtout, vis l’Évangile et mets-toi humblement au service de l’amour dont Dieu aime le monde.
Et toi François, devenu le pasteur de ce peuple, fais-lui le cadeau de l’amitié du Christ à travers l’amitié que tu porteras à chacune des personnes de ce peuple, spécialement aux prêtres et aux diacres, et aussi aux pauvres, aux exclus, aux isolés, aux malades, aux migrants et à tous ceux qui ont le plus besoin de sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus-Christ. Sois l’évêque de tous les Corses, les catholiques et les autres, précisément parce que l’Église est « catholique » par vocation, c’est-à-dire tendue vers la réalisation de la promesse faite jadis à Abraham, selon laquelle toutes les nations trouveront en lui leur bénédiction, lorsque Dieu aura tout récapitulé sous un seul chef, le Christ.
Sois sûr, cher François, que Dieu te donnera chaque jour la grâce dont tu auras besoin pour accomplir ta mission. Ton voisin du pays basque, le cardinal Etchegaray, racontait qu’il avait trouvé un jour, sur le bureau d’un vicaire de Bayonne, un petit billet où étaient recopiées ces quelques lignes : « Pense à ceux qui te sont confiés. Si tu ralentis, ils s’arrêtent ; si tu faiblis, ils flanchent ; si tu t’assieds, ils se couchent ; si tu critiques, ils démolissent. Mais, si tu marches devant, ils te dépasseront ; si tu donnes ta main, ils donneront leur peau ; et si tu pries, ils seront des saints ! » Prie, François, avec tout ton peuple ! Et conduis-le, humblement mais résolument, sur le chemin de la sainteté.
Amen !

Frère François, évêque d’Ajaccio.

1er octobre 2017 : Jubilé des 800 ans de la présence des Franciscains en France. Portrait du P. Francois BUSTILLO, provincial des Conventuels de France. Paris (75), France.

Ce mardi 11 mai, le pape François a nommé le

frère franciscain François Bustillo

EVEQUE D’AJACCIO

, succédant à Mgr Olivier de Germay, nommé archevêque de Lyon le 22 octobre dernier. 

Vivre un acte d’offrande joyeuse

Lorsqu’un frère est appelé à exercer un service plus grand dans l’Eglise, c’est une joie et, disons-le sans honte, une fierté. Le frère François Bustillo a été choisi par le pape François comme évêque d’Ajaccio, comment ne pas louer le Seigneur.

Frère François apportait avec ce qu’il est et vit son témoignage et son dynamisme franciscain. Cette nomination, qui n’est pas la première pour notre Ordre depuis quelques mois et n’est sans doute pas la dernière non plus, doit nous réjouir profondément. Au-delà des capacités reconnues de notre frère, l’Ordre et la Custodie (Province) sont regardés comme des réalités au service de l’Église, généreuses et fidèles. Dans sa pauvreté, la Custodie est honorée de donner un pasteur à l’Église. Déjà la parution de son livre sur le sacerdoce avait joué ce rôle comme, lorsqu’il était gardien et curé à Narbonne ses initiatives créatrices tels le Colloque franciscain à la salle des Synodes et la venue des rois-mages rugbymen pour l’Epiphanie.

C’était l’occasion aussi de faire vivre d’une manière originale notre communauté paroissiale.

Mais son action parmi nous ne s’arrête pas à ces quelques rendez-vous annuels.

Sa responsabilité au sein de notre Ordre comme Provincial de France-Belgique et comme gardien du couvent Saint Bonaventure ont été marquantes. Le soutien aux fraternités séculières a formé à la spiritualité franciscaine bien des fidèles et les ont motivés pour rendre service dans les différentes initiatives au niveau local. Ce ne sont pas moins de quatre jeunes qui sont entrés dans l’aventure, issus de nos rangs Narbonnais. Nous pourrions aussi constater ce qui par son service a été suscité pour la vitalité de nos communautés, de notre Paroisse, de notre Eglise diocésaine : nous pouvons citer entre autres la formation des laïcs en vue de prises de responsabilités à différents niveaux, comme par exemple le Pôle Universitaire Catholique.

Ses fonctions diocésaines lui ont permis aussi d’exercer parmi nous son charisme alliant heureusement pragmatisme et fraternité qui lui ont permis comme vicaire épiscopal de dénouer bien des situations.

Il ne s’agit bien sûr pas ici de faire un panégyrique mais de prendre conscience que ces qualités dont il su faire preuve ne sont pas étrangères à sa récente nomination comme successeur des apôtres.

L’autre versant, moins appréciable, de cet évènement est que notre province franciscaine perd un frère et quel frère ! C’est sans doute pour notre petite juridiction l’occasion de vivre un acte d’offrande joyeuse, comme nous l’a rappelé notre provincial actuel, le Frère Jean-François Auclair.

Nous sommes donc invités à la confiance et à l’Action de grâce.

Nous pensons aussi au peuple Corse, dont les racines sont très fortes et dont la spiritualité est très imprégnée de franciscanisme, notamment par les confréries et les célèbres polyphonies. Sans doute son passage parmi nous a été formateur pour cette mission car nous pouvons comme Narbonnais revendiquer aussi des racines et un caractère fort.

En tout cas nous souhaitons à notre frère François un ministère fécond et heureux.

Par l’intercession de Marie Immaculée, Réjouissons-nous pour notre Eglise de France, pour notre Eglise Carcassonnaise et Narbonnaise, pour l’appel nouveau que Dieu nous lance !