17 septembre : Les stigmates de Saint François

Le corps épuisé par les privations, François se rend au mont Alverne en compagnie de ses disciples Masseo, Rufin, Ange et Léon.
Au soir du 15 août 1224, ils entament un jeûne de 40 jours, en vue de se préparer à la fête de Saint Michel.
Jour après jour et isolé de ses compagnons, François se nourrit frugalement, à même la pierre de la grotte où il a trouvé refuge. À plusieurs reprises, Dieu lui apparaît jusqu’à ce 14 septembre où la vision d’un ange aux ailes déployées lui est dévoilée. D’une image du Crucifié qu’il tient, s’échappent 5 rayons qui transpercent François. Au matin, ce dernier découvre avec stupeur qu’il porte dans sa chair les stigmates de la Passion du Christ.
Découvertes par ses compagnons, ces blessures donnent à François une véritable aura de saint. Mais peu importe au Petit Pauvre. Malgré ses souffrances inouïes, il repart prêcher. Affaibli, il ne se déplace plus qu’à dos de cheval ou d’âne. Il ne respecte pas la Règle qui prévoit que les frères Mineurs malades puissent se retirer dans un couvent.

Pour lui, que les souffrances accompagnent désormais comme « ses sœurs », il n’y aura ni cesse ni répit. Il continue d’aller de village en village où des foules considérables viennent l’écouter et reprendre espoir.
Au printemps 1225, François revient à Saint-Damien, berceau de sa vocation mais aussi Eglise dans laquelle sa chère « sœur » Claire a fondé l’Ordre des Clarisses. Il souffre pourtant terriblement et est presque aveugle : incapables de discerner la lumière ses yeux pleurent jour et nuit. Des médecins se relaient sans cesse à son chevet, mais s’avèrent incapables d’apaiser ses maux empirés par les stigmates reçus au mont Alverne.

Claire lui construit une cabane de roseaux près du jardin des sœurs. Un jour, après une conversation avec l’abesse des « Pauvres Dames », François compose un chant d’amour au Créateur, le Cantique du Soleil et des Créatures (voir : prières)
Parvenu au terme de ses forces, c’est presque moribond que François remet son cantique à frère Pacifique. Puis, en septembre 1225, il se rend aux supplications du frère Elie. Il quitte Saint-Damien pour se rendre à Rieti ou l’attendent le pape et de savants docteurs.

A Fonte Colombo, où son état a empiré, des médecins décident de recourir à la cautérisation : ils vont lui brûler les tempes au fer rouge pour décongestionner ses yeux.
L’humble mineur craint cette intervention sans parvenir à l’empêcher. Du reste, il la subit avec courage et affirme même n’en avoir ressenti aucune douleur, prêt à recommencer si cela était nécessaire.
Mais l’état du patient ne s’améliore pas pour autant. Il quitte cependant Rieti à la fin de 1225. Sentant sa fin proche, il réclame de rentrer chez lui, transporté sur un brancard par des Mineurs.

Le Petit Pauvre parvient à Assise en juillet 1226, dont il repart, toujours perclus d’intenses douleurs vers Sainte-Marie-des-Anges. Le soir du vendredi 2 octobre, il réunit les Mineurs et leur délivre son testament avant de s’éteindre, dans la Paix de Dieu le 3 octobre 1226, à l’âge de 44 ans, marqué au corps par des plaies semblables à celles de Jésus crucifié.
Il est canonisé en 1228 par Grégoire IX.
Claire d’Assise apparaît comme la dépositaire de l’esprit de François d’Assise. Elle rédige la règle de son ordre, les « Clarisses » (moniales cloîtrées), que le pape Innocent IV approuve à Assise peu avant sa mort, en août 1253.

ASSOMPTION

L’Immaculée est la réalité la plus sublime entre Dieu et la création. Elle est une image fidèle de la perfection de Dieu, de sa Sainteté. Plus grande sera notre perfection dans l’amour, plus étroite sera l’union de notre volonté avec celle de Dieu. Parce que la très Sainte Mère de Dieu surpasse dans sa perfection tous les anges et les saints, sa volonté s’unit et s’accomplit dans la plus étroite collaboration avec la volonté de Dieu, elle vit et oeuvre uniquement en Dieu, et à travers Dieu.

St Maximilien-Marie Kolbe.

Acte de consécration à l’immaculée

Daignez recevoir ma louange, ô Vierge bénie ! Immaculée Conception, Reine du ciel et de la terre, Refuge des pécheurs et Mère très-aimante, à qui Dieu a voulu confier tout l’ordre de la miséricorde, me voici à vos pieds, moi, pauvre pécheur. Je vous en supplie, acceptez mon être tout entier comme votre bien et votre propriété. Agissez en moi selon votre volonté, en mon âme et mon corps, en ma vie et ma mort et mon éternité. Disposez avant tout de moi comme vous le désirez, pour que se réalise enfin ce qui est dit de vous : La Femme écrasera la tête du serpent et aussi : Vous seule vaincrez les hérésies dans le monde entier. Qu’en vos mains immaculées, si riches de miséricorde, je devienne un instrument de votre amour, capable de ranimer et d’épanouir pleinement tant d’âmes tièdes ou égarées. Ainsi s’étendra sans fin le règne du Coeur divin de Jésus. Vraiment, votre seule présence attire les grâces qui convertissent et sanctifient les âmes, puisque la grâce jaillit du Coeur divin de Jésus sur nous tous, en passant par vos mains maternelles.

Saint Maximilen-Marie Kolbe

ordination épiscopale de Mrg François Bustillo, évêque d’Ajaccio.

Homélie de Mgr Jean-Marc Aveline :

« Sur ces mots, Jésus dit à Pierre : “suis-moi” ! »
Avant de faire à Pierre cette demande décisive, Jésus avait préparé sur le rivage un petit feu de braises, désigné dans l’Évangile de Jean par le même mot (anthrakia) que celui devant lequel Pierre se chauffait, perdu et déçu, au moment de son reniement. Mais maintenant, ce petit feu de braises a pris une signification inversée : symbole de complicité dans la traitrise, il devient le point de départ d’une nouvelle confiance. Nous le savons tous : c’est le chemin de notre conversion. « Miserando atque eligendo », selon la forte devise du Pape François. Et Pierre, enfin libéré de son triple reniement par la triple question d’amour de Jésus, va pouvoir, maintenant qu’il se sait aimé malgré sa faiblesse, maintenant qu’il se sait choisi en dépit de son péché, Pierre va pouvoir humblement mettre ses pas dans ceux de son Maître et Jésus va pouvoir, sur l’humanité pardonnée de Pierre, bâtir son Église. « Pais mes brebis », lui a demandé le Seigneur ! Et saint Augustin commente : « Si tu m’aimes, ne pense pas que c’est toi le pasteur ; mais pais mes brebis comme les miennes, non comme les tiennes ; cherche en elles ma gloire, non la tienne, mon bien, non le tien, mon profit et non le tien ! »
Déjà, dans le livre d’Ézéchiel, nous avons entendu que Dieu, après avoir exprimé sa colère contre ceux qui prétendent être des pasteurs en Israël et qui ne s’occupent que d’eux-mêmes et de leurs propres intérêts, délaissant les brebis qui leur ont été confiées, Dieu donc, décide de leur reprendre leurs brebis et de s’en occuper lui-même, avec autant de tendresse que de vigilance : « Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis et je veillerai sur elles. […] J’irai les délivrer de tous les endroits où elles ont été dispersées. […] Je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. »
Ton nouveau ministère d’évêque, cher François, procède tout entier de cet amour de Dieu pour son peuple. Il l’aime le premier et jalousement. S’il te le confie, c’est qu’il compte sur toi, malgré tes faiblesses et ton péché, pour aimer son peuple autant qu’il l’aime. Saint Athanase disait que « l’évêque, avant d’être ordonné, peut vivre pour lui-même, mais qu’à partir de son ordination, il est obligé de vivre pour ses brebis, du salut desquelles il doit certainement rendre compte. » Voilà pourquoi il nous faut bien réfléchir avant de dire « oui » ! Et puisque tu as déjà dit « oui » et que tu le rediras liturgiquement tout à l’heure, devant ce peuple de Corse qui t’est confié aujourd’hui, laisse Dieu lui-même, par sa grâce, élargir ton cœur d’évêque aux dimensions de son amour. Nous savons tous d’expérience qu’il faut du temps pour apprendre à compter moins sur nos propres forces que sur le Seigneur ! L’acte de suivre Jésus et l’acte d’accepter d’être dépossédé de notre prétendue maîtrise sont les deux faces d’un même engagement. Ta vie, cher François, nul ne te la prendra puisque tu l’as déjà donnée. Mais faire le choix de laisser vraiment Dieu faire ce qu’il veut de ce qu’on lui a donné est un combat de chaque jour et un témoignage dont la force est susceptible d’édifier le peuple chrétien et de rejoindre la soif spirituelle de l’humanité.
Permets-moi de te donner fraternellement deux conseils pour cela : d’abord, accorde plus d’importance au tabernacle qu’à ton bureau et laisse le soleil de la Présence buriner lentement ton âme de pasteur ! Mon prédécesseur, Mgr Pontier, m’avait lui-même formulé ainsi ce précieux conseil : « chaque fois que l’on augmente le poids de ta charge, toi, allonge le temps de ta prière » ! Ensuite, c’est mon deuxième conseil : sois un évêque de terrain, et même un évêque « tout terrain ». Pas besoin de t’acheter un coûteux 4/4 pour cela. Il te suffit d’accompagner humblement et sans relâche le pèlerinage de Dieu vers chacune de ses brebis, pour parler comme Benoît XVI. C’est là ton autre tabernacle. « La brebis perdue, je la chercherai, dit Dieu ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. »
Ainsi étiré entre le tabernacle et le peuple, saisi d’effroi devant Dieu et de compassion au chevet de ses enfants, ton cœur s’élargira peu à peu aux dimensions du mystère que saint Paul essayait d’exprimer dans sa lettre aux Éphésiens. « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Tel est le projet éternel de Dieu qui s’est réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. La mission de l’Église, c’est de coopérer à ce projet qui est l’œuvre du salut. Non pas d’être une religion qui réussit selon les critères mondains de la croissance et de l’efficacité, mais plutôt de coopérer avec l’Esprit Saint pour être au service de la relation d’amour de Dieu pour le monde. C’est parce que Dieu aime le monde que l’Église est missionnaire et non pour se glorifier elle-même. Et c’est aussi parce que le monde rejette souvent cet amour de Dieu que l’Église est semée dans le sang des martyrs, comme disait Tertullien.
Voilà pourquoi, cher François, toi qui vas devenir, par la grâce de Dieu, l’un des successeurs des Apôtres, tu reçois la charge de veiller par-dessus tout à ce que l’Évangile soit annoncé. Tout à l’heure, quand tu auras déclaré que tu acceptes la charge épiscopale au service du peuple de Dieu et que tu t’engages à la remplir jusqu’à la mort, avec la grâce de l’Esprit Saint, je te demanderai : « voulez-vous annoncer l’Évangile du Christ, avec fidélité et sans relâche ? » Et dans ton « oui », c’est toute ta vie qui sera désormais consacrée, en communion avec le successeur de Pierre et tout le collège épiscopal, au service de cette annonce.
Tu le sais bien : annoncer l’Évangile, ce n’est pas répéter des slogans. Éloi Leclerc, franciscain comme toi, l’avait exprimé en quelques lignes lumineuses : « Évangéliser un homme, c’est lui dire : toi aussi, tu es aimé dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profondes. » Cher François, j’ai encore un petit conseil : commence par accueillir le peuple de Corse qui t’offre son amitié ! Prends le temps de l’accepter de tout ton cœur. Un peu comme saint Jean-Paul II commençait par embrasser, en signe de profond respect, la terre des pays où il arrivait. Et plus encore comme le Seigneur Jésus lui-même, se laissant laver les pieds à Béthanie avant de refaire ce geste pour ses Apôtres au soir du Jeudi Saint. Accepte donc l’amitié que t’offre ton peuple, ce peuple qui est à Dieu, ce peuple qu’il te confie et auquel il te confie. Écoute ce peuple te raconter les merveilles que la grâce de Dieu a déjà opérées sur cette terre bénie de la Corse !
D’autant plus que cette île, tu le découvriras par toi-même, a une âme toute franciscaine ! Ne dit-on pas ici que saint François lui-même, navigant en Méditerranée entre l’Espagne et l’Italie, aurait été contraint de faire escale à Bunifaziu ? Il serait allé demander l’hospitalité au couvent de Saint-Julien, alors desservi par des religieux hospitaliers qui le prirent pour un vagabond et refusèrent de le recevoir. Le saint se retira alors dans une grotte voisine, et à l’aube, les moines furent tout étonnés de voir la grotte illuminée par une radieuse clarté. Tu découvriras également la suggestive superposition de la carte des implantations franciscaines avec celle des confréries, si importantes encore aujourd’hui pour saisir le fond de l’âme corse.
Certes, tu n’es pas le premier franciscain à devenir évêque de Corse. Le premier le fut en 1312, et c’était aussi un 13 juin ! Ainsi, il semble avoir été préparé depuis longtemps, ce jour où un franciscain prénommé François serait nommé par le pape François comme évêque d’une Corse profondément marquée par saint François ! Permettez donc à l’archevêque métropolitain de vous dire : ne manquez pas ce rendez-vous ! Ça fait beaucoup de planètes alignées ! Toi, Église de Corse, plonge dans tes racines spirituelles pour fortifier ton ardeur missionnaire. N’aie pas peur de prendre ta part dans la mission de l’Église universelle. Tu es au cœur de la Méditerranée, cette mer qui conjugue tant de défis aujourd’hui : défi migratoire, défi écologique, défi de la disparité économique, de la pluralité religieuse, de la tension belliqueuse entre les peuples. Et tous ces défis te bousculent toi aussi. Alors, ne te replie pas sur toi-même. Sois fière de ta culture et de ton héritage, mais surtout, vis l’Évangile et mets-toi humblement au service de l’amour dont Dieu aime le monde.
Et toi François, devenu le pasteur de ce peuple, fais-lui le cadeau de l’amitié du Christ à travers l’amitié que tu porteras à chacune des personnes de ce peuple, spécialement aux prêtres et aux diacres, et aussi aux pauvres, aux exclus, aux isolés, aux malades, aux migrants et à tous ceux qui ont le plus besoin de sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus-Christ. Sois l’évêque de tous les Corses, les catholiques et les autres, précisément parce que l’Église est « catholique » par vocation, c’est-à-dire tendue vers la réalisation de la promesse faite jadis à Abraham, selon laquelle toutes les nations trouveront en lui leur bénédiction, lorsque Dieu aura tout récapitulé sous un seul chef, le Christ.
Sois sûr, cher François, que Dieu te donnera chaque jour la grâce dont tu auras besoin pour accomplir ta mission. Ton voisin du pays basque, le cardinal Etchegaray, racontait qu’il avait trouvé un jour, sur le bureau d’un vicaire de Bayonne, un petit billet où étaient recopiées ces quelques lignes : « Pense à ceux qui te sont confiés. Si tu ralentis, ils s’arrêtent ; si tu faiblis, ils flanchent ; si tu t’assieds, ils se couchent ; si tu critiques, ils démolissent. Mais, si tu marches devant, ils te dépasseront ; si tu donnes ta main, ils donneront leur peau ; et si tu pries, ils seront des saints ! » Prie, François, avec tout ton peuple ! Et conduis-le, humblement mais résolument, sur le chemin de la sainteté.
Amen !

Frère François, évêque d’Ajaccio.

1er octobre 2017 : Jubilé des 800 ans de la présence des Franciscains en France. Portrait du P. Francois BUSTILLO, provincial des Conventuels de France. Paris (75), France.

Ce mardi 11 mai, le pape François a nommé le

frère franciscain François Bustillo

EVEQUE D’AJACCIO

, succédant à Mgr Olivier de Germay, nommé archevêque de Lyon le 22 octobre dernier. 

Vivre un acte d’offrande joyeuse

Lorsqu’un frère est appelé à exercer un service plus grand dans l’Eglise, c’est une joie et, disons-le sans honte, une fierté. Le frère François Bustillo a été choisi par le pape François comme évêque d’Ajaccio, comment ne pas louer le Seigneur.

Frère François apportait avec ce qu’il est et vit son témoignage et son dynamisme franciscain. Cette nomination, qui n’est pas la première pour notre Ordre depuis quelques mois et n’est sans doute pas la dernière non plus, doit nous réjouir profondément. Au-delà des capacités reconnues de notre frère, l’Ordre et la Custodie (Province) sont regardés comme des réalités au service de l’Église, généreuses et fidèles. Dans sa pauvreté, la Custodie est honorée de donner un pasteur à l’Église. Déjà la parution de son livre sur le sacerdoce avait joué ce rôle comme, lorsqu’il était gardien et curé à Narbonne ses initiatives créatrices tels le Colloque franciscain à la salle des Synodes et la venue des rois-mages rugbymen pour l’Epiphanie.

C’était l’occasion aussi de faire vivre d’une manière originale notre communauté paroissiale.

Mais son action parmi nous ne s’arrête pas à ces quelques rendez-vous annuels.

Sa responsabilité au sein de notre Ordre comme Provincial de France-Belgique et comme gardien du couvent Saint Bonaventure ont été marquantes. Le soutien aux fraternités séculières a formé à la spiritualité franciscaine bien des fidèles et les ont motivés pour rendre service dans les différentes initiatives au niveau local. Ce ne sont pas moins de quatre jeunes qui sont entrés dans l’aventure, issus de nos rangs Narbonnais. Nous pourrions aussi constater ce qui par son service a été suscité pour la vitalité de nos communautés, de notre Paroisse, de notre Eglise diocésaine : nous pouvons citer entre autres la formation des laïcs en vue de prises de responsabilités à différents niveaux, comme par exemple le Pôle Universitaire Catholique.

Ses fonctions diocésaines lui ont permis aussi d’exercer parmi nous son charisme alliant heureusement pragmatisme et fraternité qui lui ont permis comme vicaire épiscopal de dénouer bien des situations.

Il ne s’agit bien sûr pas ici de faire un panégyrique mais de prendre conscience que ces qualités dont il su faire preuve ne sont pas étrangères à sa récente nomination comme successeur des apôtres.

L’autre versant, moins appréciable, de cet évènement est que notre province franciscaine perd un frère et quel frère ! C’est sans doute pour notre petite juridiction l’occasion de vivre un acte d’offrande joyeuse, comme nous l’a rappelé notre provincial actuel, le Frère Jean-François Auclair.

Nous sommes donc invités à la confiance et à l’Action de grâce.

Nous pensons aussi au peuple Corse, dont les racines sont très fortes et dont la spiritualité est très imprégnée de franciscanisme, notamment par les confréries et les célèbres polyphonies. Sans doute son passage parmi nous a été formateur pour cette mission car nous pouvons comme Narbonnais revendiquer aussi des racines et un caractère fort.

En tout cas nous souhaitons à notre frère François un ministère fécond et heureux.

Par l’intercession de Marie Immaculée, Réjouissons-nous pour notre Eglise de France, pour notre Eglise Carcassonnaise et Narbonnaise, pour l’appel nouveau que Dieu nous lance !

DE GRAND MATIN

Chaque année en France, à l’occasion de Pâques, des adultes reçoivent le baptême. Ils s’y sont préparés durant plusieurs années. Cette année, ils sont huit, répartis dans nos différentes communautés.

La préparation du baptême des adultes est accompagnée par un groupe de chrétiens dont certains ont accomplis le même parcours. Les rencontres régulières ne consistent pas seulement à les instruire de la religion, mais encore à les soutenir dans leur cheminement. La découverte d’une vie en communauté chrétienne, ponctuée par les grands rendez-vous de la liturgie se confronte à la conversion qu’ils ont vécue et qui les a décidés à faire la démarche. La relation entre la Foi et la vie est pour une bonne part l’enjeu du catéchuménat.

Les temps d’enseignement alternent avec des temps de partage, de questionnements légitimes sur les grands de la Foi. En même temps il y a des questions plus personnelles, touchant plus à la vie spirituelle : vie de prière, pratique régulière dans l’attente des sacrements.

L’aspect le plus important réside dans la rencontre avec le Christ dont ils témoignent par leur désir de rejoindre la communauté chrétienne.

Le baptême est un sacrement dit « d’initiation », ce qui veut dire qu’un cheminement est nécessaire. Plusieurs étapes jalonnent cet itinéraire : une entrée en catéchuménat accomplie dans l’assemblée qu’ils fréquentent avec le signe de la croix et l’entrée dans l’église, l’appel décisif de l’évêque avec les autres catéchumènes du diocèse, puis les trois « scrutins » : célébration de conversions avec l’imposition des mains marquant leur détachement de ce qui les séparent de Dieu.

Deux autres moments marquent ces étapes vers le baptême : les traditions du « Credo » (profession de la Foi) et du « Notre Père ». L’assemblée leur transmet ces deux symboles, puis ils les restituent en les récitant à leur tour.

Enfin viennent les sacrements de l’initiation : le Baptême, la confirmation et enfin l’Eucharistie.

Cette année, huit personnes seront baptisées au cours des festivité pascales sur notre paroisses Saint Croix en Narbonnais : Emilie, Teddy, Macha, Jessica, Christophe, Jean Maxime, Jean-Baptite (Jiro) , Véronique, Sébastien et Rita ( Delphine).

Nous les accompagnons dans leur démarche et nous souhaitons d’être fidèles au Christ, avec notre soutien fraternel.

CAREME EN VUE

Dans l’évangile de ce dimanche, le lépreux demande à Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »

Cet épisode est proposé cette année, quelques jours avant le début du Carême, peux nous aider à discerner un chemin pour ce temps essentiel de notre année chrétienne.

Le livre du Lévitique dont nous avons lu un extrait, demandait à la personne atteinte de cette maladie d’adopter une attitude hirsute et de crier « impur » afin que l’on puisse observer une distanciation sanitaire vis-à-vis de lui. Cela n’est pas sans nous rappeler notre situation actuelle.

Les mots : « isolement, gestes barrières, pas de contact, cas contact … » marque la distance sociale entre nous dictée par la peur de la contagion.

Jésus, dans l’évangile, passe outre. Attention, il ne nous enseigne pas l’imprudence. Il faut bien évidemment respecter les règles sanitaires, ô combien ! Mais celles-ci ne nous dispensent pas de vivre la solidarité et la charité. Le Seigneur, touche le malade et n’est pas contaminé, par que c’est lui est contagieux dans l’amour et la miséricorde. Il purifie tout ce qu’il touche. Il faut donc se laisser toucher par Lui, afin de ne pas exclure l’autre, mais, dans le respect de la distance nécessaire le rejoindre avec miséricorde. Il nous faut passer d’une communication distance à une attitude de communion dans la charité. C’est ce qu’avait compris St François lorsque, dans le testament de Sienne, il écrit : « Le seigneur me conduisit au milieu d’eux (les lépreux) et je leur fis miséricorde.

C’est dans cet esprit que nous pouvons envisager ce temps du Carême qui s’annonce. Comme un temps de purification intérieure, un temps de miséricorde au sens des geste de miséricorde spirituels et corporels comme nous l’enseigne notre église. Nous sommes invités à reconnaître aussi nos lèpres nous sombre dans une passive et vaine culpabilisation, mais au contraire pour rebondir dans l’amour de Dieu et des autres.

« Si tu le veux, tu peux me purifier dit le lépreux à Jésus. Celui-ci lui répond : « Je le veux, sois purifier ! » Bon carême.

Propositions paroissiales pour le temps du Carême :

Mercredi des Cendres 17 février :

Messe avec imposition de Cendres à 8h et 16h30 à St Bonaventure et à 10h à ND d Magri à Cuxac.

Les Vendredis de Carême : office du jour et Chemin de Croix à 12h à St Bonaventure.

Dimanches :    Vêpres solennelles à 16H à St Bonaventure

Dimanche 21 mars conférence donnée par le F François Bustillo à 15h30 à St Bonaventure à l’occasion de la sortie de son livre.

VERS LE MYSTERE PASCAL

 

Après le Baptême du Seigneur, nous avons commencé le Temps Ordinaire qui fait la jonction entre celui de la Nativité et le Carême qui débutera dans un peu plus de trois semaine trois semaines.

Déjà le Christ descendant dans l’eau du Jourdain pour en ressortir après le baptême de Jean préfigurait sa mort et sa résurrection, ce dimanche, c’est la prédication de Jonas marchant trois jours dans Ninive qui nous l’indique.

Bien que nous n’avons pu vivre cette année, la fête des baptisé comme les autres fois, nous avons vécu dans la joie, durant la fête du Baptême du Seigneur, le 10 janvier dernier, celui de deux jeunes adultes : Mélanie et Adrien. C’est un signe pour notre communauté d’une fécondité de la Parole de Dieu. D’autres catéchumènes ont entamé une démarche vers le baptême. Nous aurons à cœur de les accompagnés.

L’appel des disciples, ponctué par un appel à l’urgence de la conversion, inaugure la prédication du Christ marchant vers Jérusalem où il vivre sa Passion.

Cette année, nous méditons l’évangile de Marc. Évangile franc et direct. Laissons-nous guider par la Parole de Dieu en ce dimanche qui lui est dédié par le Pape François depuis quelques années.

Nous achevons la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens : quoi d’autre que la Parole de Dieu, proclamée dans nos assemblées, vécue dans notre quotidien, pour nous unir.

Cette Parole, nous devons en être aussi les témoins. En ces temps d’épreuve dont nous avons du mal à entrevoir la sortie, elle peut être pour nous et ceux qui nous entoure un ferment d’Espérance, et une force vitale pour tenir. Si Elle nous unit dans la foi, alors dans ces temps de distanciation, de confinement, de couvre-feu et autres restrictions, elle devient un « vaccin » spirituel, plus fort que tout ce qui peut nous séparer.

Bonne route vers le Mystère Pascal !

ORDINATION FRANCISCAINE A CHOLET

Diacre et Franciscain

 

Le 26 décembre dernier le frère Jérémie-Marie-Baptiste Macé à été ordonné diacre à Cholet ( 49). Il est Franciscains Conventuel.

 

L’Ordination d’un frère est sans contredit un évènement pour notre Custodie (petite province) de France-Belgique des Frères Mineurs Conventuels. Cette juridiction ne compte qu’une vingtaine de frère dont certains appartiennent à d’autres Provinces.

FONDATEUR

Le diaconat, même s’il n’est qu’une étape sur la route qui mène à la prêtrise, est pour un frère franciscain l’occasion d’un lien supplémentaire avec notre fondateur St François d’Assise. En effet la tradition s’accorde à penser que celui-ci était diacre. A l’époque, l’enjeu était celui d’une reconnaissance plénière de l’Eglise institutionnelle vis-à-vis d’un mouvement émergent prêt à s’engager fidèlement envers elle. Il semblerait en effet que Saint François ne désirait devenir prêtre, et pourtant, désirait prêcher l’évangile par la vie mais aussi par la Parole. Hors le Diacre accompli par vocation ces deux fonctions : le service quotidien et la prédication.

SERVICE

C’est bien dans ce sens que le Frère Jérémie entend exercer ce ministère au sein de sa communauté choletaise.

Le service est pour le Franciscain un autre nom de la Pauvreté. Celle-ci en effet ne consiste pas seulement à vivre le détachement des biens matériels, mais encore de vivre au milieu des pauvres et d’accomplir ce service avec eux et pour eux. Cela est très exigent, mais la vie communautaire en fraternité est un soutient non négligeable pour vivre cette mission.

CONFIGURE AU CHRIST

L’origine du diaconat se trouve dans les premiers versets du livre de Acte des Apôtres. Les Sept hommes choisis pour le service des tables (autrement dit ; de la charité et du partage avec les plus démunis) sont présentés aussi comme des disciples missionnaires et évangélisateurs : c’est le cas d’Etienne qui rend témoignage à Jérusalem, mais aussi de Philippe qui catéchise l’intendant d’une reine éthiopienne et lui confère le baptême.

De plus le martyre d’Etienne montre que celui-ci prononce les mêmes paroles que le Christ durant sa Passion. Il y a donc une configuration au Christ-Serviteur pour le diacre. Ce n’est pas fortuit que le diacre Philippe commente pour son interlocuteur le passage du Serviteur souffrant décrit par le prophète Isaïe. Il y a donc quelque de fort et de significatif dans l’ordination diaconale d’un franciscain :  être configuré au Christ-Serviteur et vivre la mission de François d’Assise dans le témoignage vivant de la Pauvreté. Nous souhaitons bon ministère au Frère Jérémie-Marie.

NOEL: Dieu s’est rendu visible à nos yeux

Il n’importe pas en effet seulement de savoir que Dieu s’est fait homme ; il importe aussi de savoir quel genre d’homme Dieu s’est-il fait. La manière différente et complémentaire dont Jean et Paul décrivent chacun l’événement de l’Incarnation est significative. Pour Jean, elle consiste dans le fait que le Verbe qui était Dieu s’est fait chair (Jn 1) ; pour Paul, dans le fait que « le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, a pris la condition de serviteur » (Ph 2). Pour Jean, le Verbe, étant Dieu, s’est fait homme ; pour Paul, « le Christ : lui qui est riche, s’est fait pauvre ». La distinction entre le fait de l’Incarnation et la manière dont elle s’est opérée, entre ses dimensions ontologique et existentielle, nous intéresse, parce qu’elle jette un éclairage singulier sur le problème actuel de la pauvreté et de l’attitude des chrétiens à son égard. Elle contribue à donner un fondement biblique et théologique au choix préférentiel des pauvres, proclamé lors du Concile Vatican II. « Les Pères du Concile – écrivait Jean Guitton, observateur laïc au Concile – ont retrouvé le sacrement de la pauvreté, c’est-à-dire la présence du Christ sous les espèces de ceux qui souffrent[26] ». Le « sacrement » de la pauvreté ! Ce sont des mots forts, mais bien fondés. Si, en effet, par le fait de l’Incarnation, le Verbe a, dans un certain sens, assumé tout homme (comme le pensaient certains Pères grecs), à cause de la manière dont elle s’est opérée, il a assumé, d’une manière très spéciale, les pauvres, les humbles, les souffrants. Il a « institué » ce signe, comme il a institué l’Eucharistie. Celui qui a prononcé sur le pain les mots : « Ceci est mon corps », a prononcé les mêmes à propos des pauvres. Il l’a fait quand, parlant de ce qui a été fait – ou n’a pas été fait – pour l’affamé, l’assoiffé, le prisonnier, celui qui est nu et l’exilé, il a solennellement déclaré : « C’est à moi que vous l’avez fait » et « C’est à moi que vous ne l’avez pas fait ».

 

On retrouve de temps en temps, dans la bouche de grands docteurs et maîtres de l’esprit de l’Église : Origène, saint Augustin, saint Bernard, Angelus Silesius, et d’autres encore, une déclaration audacieuse sur Noël. Elle dit en substance : « Le Christ est né des centaines de fois à Bethléem, mais s’il ne naît pas en toi, alors tu es perdu[». « Où le Christ naît-il, au sens le plus profond du terme, si ce n’est dans votre cœur et votre âme ? », écrit saint Ambroise. « Le Verbe de Dieu, dit en écho saint Maxime le Confesseur, veut réitérer en tous les hommes les mystères de son Incarnation ». Une vérité, comme on le voit, véritablement œcuménique. Faisant écho à cette même tradition, saint Jean XXIII, dans son message de Noël 1962, élevait cette prière ardente : « Ô Verbe éternel du Père, Fils de Dieu et de Marie, renouvelle encore aujourd’hui, dans le secret des âmes, le miracle de ta naissance ». Faisons nôtre cette prière, mais, dans la situation dramatique où nous nous trouvons, ajoutons aussi l’ardente supplication de la liturgie de Noël : « Ô Roi de l’univers, ô Désiré des nations, pierre angulaire qui joint ensemble l’un et l’autre mur, force de l’homme pétri de limon, viens, Seigneur, viens nous sauver ! » Viens et relève l’humanité épuisée par la longue épreuve de cette pandémie.

Extrait de la 3ème méditation de l’avent par le cardinal R.Cantalamesse, ofm.Cap.

GAUDETE : le dimanche de la Joie !

Ce troisième dimanche est bien celui de la joie, malgré la Pandémie. Certes nous devions nous retrouver à la Basilique Saint Paul pour fêter le premier évêque de notre cité Narbonnaise, mais la situation sanitaire nous en empêche. Cela pourrait plomber sérieusement la joie de ce dimanche. Mais enfin, moyennant quelques règles nous pouvons tout de même célébrer l’eucharistie dans nos églises. Il semble aussi que nous pourrons, en multipliant les célébrations vivre Noël liturgiquement.

Tout cela ne doit nous faire oublier que la joie est aussi dans le don. « ll y a plus de joie à donner qu’à recevoir » . Ce don sera sans doute celui d’un Noël plus essentiel, plus centré spirituellement mais plus ouvert à la peine des autres, de ceux qui sont isolé ou dans le besoin.

Un petit texte de St Jean-Paul II nous le rappelle, lors d’un angélus du 3ème dimanche de l’Avent :

« Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, non indifférent, qu’il est un père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde que les aléas du quotidien ne peuvent atténuer. […] La caractéristique unique de la joie chrétienne est qu’elle peut être partagée avec la souffrance puisqu’elle est entièrement basée sur l’amour. En effet, le Seigneur qui nous est proche au point de se faire homme vient pour communiquer sa joie, la joie d’aimer. C’est seulement ainsi que l’on comprend l’allégresse sereine des martyrs jusque dans l’épreuve, ou bien le sourire des saints de la charité face à qui souffre. C’est un sourire sans offense, qui console… »