Fête de Notre Dame des Anges et indulgence de la Portioncule

Basilique Sainte Marie des Anges, Assise.

Notre famille franciscaine célèbre en ce 2 août la fête de Notre Dame des Anges. A Assise, la basilique de ce même nom (cf. ci-contre) englobe la Portioncule (‘Porziuncola’ ou ‘petite partie’ en Français). Cette toute petite chapelle a été le théâtre de nombreux événements marquants de la vie de notre famille dont par exemple la consécration de Claire Offreduccio (future Sainte Claire) ou la mort de Saint François en octobre 1226. De son vivant, Saint François affectionnait profondément cette chapelle (qu’il a lui-même restaurée). Il en a d’ailleurs fait la tête et la mère de l’ordre, comme nous le rappelle l’un de ses biographes, fr. Thomas de Celano dans sa ‘Vita Secunda‘ :

C’est le couvent qu’aimait le saint par-dessus tous les autres ; il prescrivit aux frères de le tenir tout spécialement en vénération, de le conserver dans l’humilité et la très haute pauvreté, car c’était le miroir de l’Ordre, et c’est pourquoi il en refusait la propriété, n’en gardant que l’usage.
Chapitre 12, Vita Secunda
.

La Portioncule.

Plus extraordinaire, c’est dans cette chapelle que Saint François eut une vision du Christ et de sa Mère, entourés d’une multitude d’anges, au cours de laquelle il fit cette demande : « Que tous ceux qui, contrits et confessés, viendront dans cette église, obtiennent la rémission totale de leurs péchés et de la peine due à ces péchés ». A cette demande, Jésus répondit : « François, la faveur que tu me demandes est extraordinaire. Je te l’accorde cependant, mais qu’elle soit approuvée par le Chef de mon Église, à qui j’ai confié le pouvoir de lier et de délier sur la terre ». C’est ainsi que Saint François sollicita auprès du Pape Honorius III une indulgence plénière, une faveur qui était extraordinaire à cette époque et qui lui fut cependant accordée :

« Nous concédons que quiconque viendra et entrera dans la susdite église, bien confessé et contrit, soit délié de peine et de coulpe. Et nous voulons que cela ait valeur pour toujours, chaque année mais seulement un seul jour naturel, depuis les premières vêpres jusqu’aux vêpres du jour suivant, la nuit incluse. » Pape Honorius III.

Église Saint Bonaventure, Narbonne.

C’est ainsi qu’une indulgence plénière est attachée à la fête de Sainte Marie des Anges le 2 août de chaque année. Cette indulgence est connue sous le nom de ‘Grand Pardon d’Assise‘ ou ‘Indulgence de la Portioncule’. Elle s’obtient, moyennant les conditions requises (cf. ci-dessous), par la visite d’une église franciscaine (notre église Saint Bonaventure à Narbonne par exemple, voir photo ci-contre) le 2 août. Outre cette visite, il faut également :
– participer à la messe et communier,
– réciter le credo,
– recevoir le sacrement de la réconciliation,
– prier aux intentions du Pape.

Notons enfin que cette indulgence a été attribuée pour la première fois en 1216. Nous avons donc fêté l’an passé son 800e anniversaire. Un jubilé avait d’ailleurs été ouvert à cette occasion. Il sera clôturé ce jour par le cardinal Parolin (voir ici). Enfin, retrouvez le récit complet de la vision de Saint François et de l’obtention de l’indulgence plénière .

Le pardon de Dieu est sans limite (pape François)

porziuncola

La portioncule, berceau de l’ordre franciscain.

Le Pape François s’est rendu en pèlerinage à Assise le 4 août, s’arrêtant à la Portioncule, cette petite chapelle, berceau de l’ordre franciscain, aujourd’hui incluse dans la basilique Sainte Marie des Anges. Ce pèlerinage se tenait dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde et du Grand Pardon d’Assise. Ce « grand pardon » est l’une des plus belles traditions franciscaines. Il se concrétise par une indulgence plénière  obtenue, aux conditions habituelles, par toute personne qui visite une église franciscaine le 2 août (voir notre article ici). Ce privilège a été obtenu par Saint François en 1216 (il y a donc 800 ans cette année).

A l’occasion de son pèlerinage, le pape a médité la parabole du débiteur impitoyable (cf. Matthieu 18, 21-35). Sa réflexion était axée sur le pardon de Dieu qui « ne connaît pas de limites ; il dépasse toute imagination et rejoint quiconque, dans l’intime du cœur, reconnaît avoir commis une faute et veut retourner à lui. Dieu regarde le cœur qui demande à être pardonné. ». papeFrancoisPour le Saint Père, « le problème survient lorsque nous nous trouvons face à notre frère qui nous causé du tort. » car nous voulons en général nous venger. Le pape fait alors remarquer que « cela n’est pas la réaction du disciple du Christ et cela ne peut être le style de vie des chrétiens. Jésus nous enseigne à pardonner, et à le faire sans limite » Il s’agit donc « d’abandonner notre prétendue justice et de la remplacer par l’amour du Père ». Il conclut par ces mots :

« Offrir le témoignage de la miséricorde dans le monde d’aujourd’hui est une tâche à laquelle personne d’entre nous ne peut se soustraire. Le monde a besoin de pardon ; trop de personnes vivent enfermées dans la rancœur et couvent la haine, parce qu’incapables de pardon, ruinant leur propre vie et celle d’autrui au lieu de trouver la joie de la sérénité et de la paix. Demandons à saint François d’Assise d’intercéder pour nous, afin que nous ne renoncions jamais à être d’humbles signes de pardon et des instruments de miséricorde. »

Vous trouvez le texte intégral de l’intervention du pape ici.

Grand Pardon d’Assise

porziuncola

La Portioncule, berceau de l’ordre franciscain.

Le grand pardon d’Assise est l’une des plus belles traditions franciscaines. Elle remonte à l’an 1216, du vivant même de Saint François. Elle trouve son origine dans la Portioncule (webcam ici), cette toute petite chapelle, aujourd’hui englobée dans la basilique Sainte Marie des Anges à Assise, qui est le berceau de l’ordre franciscain. Cette tradition nous permet de faire l’expérience du grand pardon donné par Dieu en toute gratuité grâce à l’indulgence plénière attachée à cette fête. Elle est donc pleinement d’actualité en cette année où nous célébrons le jubilé de la miséricorde. C’est pourquoi, nous vous proposons de la découvrir ensemble dans cet article.


tableau-essai-SFUne nuit de l’été 1216, François priait dans la petite chapelle de la Portioncule. Plongé dans la contemplation, il eut une vision. Il vit le Christ et sa Mère, entouré d’une grande multitude d’anges. Un dialogue se noua : « François, lui dit Jésus, je sais avec quelle ardeur tu t’emploies, avec tes frères, au salut des âmes. Demande donc pour elles et pour ma gloire une grâce de choix ; je te l’accorderai en récompense de ton zèle ». Alors François fit la demande suivante : « Que tous ceux qui, contrits et confessés, viendront dans cette église, obtiennent la rémission totale de leurs péchés et de la peine due à ces péchés ». En d’autres termes, François demandait une indulgence plénière qui était à l’époque une faveur très rare, difficile à obtenir. Jésus répondit : « François, la faveur que tu me demandes est extraordinaire. Je te l’accorde cependant, mais qu’elle soit approuvée par le Chef de mon Église, à qui j’ai confié le pouvoir de lier et de délier sur la terre ». François partit donc avec Frère Massée pour rencontrer le pape Honorius III qui venait d’être élu. Il lui adressa sa demande :

« Très saint Père, récemment, à l’honneur de la Vierge, Mère du Christ, j’ai réparé une église. Je supplie votre sainteté d’accorder à ce lieu une indulgence, sans offrande, au jour anniversaire de la consécration de l’église. »

honoriusIIILe pape répondit : « Il ne me convient pas que cela soit, car il faut que celui qui demande une indulgence la mérite. Mais, dis-moi, combien d’années veux-tu que j’attribue une indulgence à ce lieu ? Une année ? » […] Mais François n’était pas satisfait : « O Seigneur qu’est-ce-que cela ? Saint Père, qu’il plaise à votre sainteté de donner, non pas des années mais des âmes ! ». Le pape répondit : « Qu’entends-tu par des âmes ? ». François lui dit : « S’il plait à votre sainteté, je désire que, contrit et confessé, quiconque arrivera dans cet église soit délié de la peine et de la coulpe de ce qu’il a commis, au ciel et sur la terre, depuis le jour de son baptême et jusqu’à l’heure où il est entré dans cette église. » Le pape était assez réservé et François insista : « Seigneur, ce que je demande, ce n’est pas de ma part que je le demande, mais c’est de la part du Seigneur Jésus Christ ». Alors le pape accéda à sa demande en ces termes :

« Nous concédons que quiconque viendra et entrera dans la susdite église, bien confessé et contrit, soit délié de peine et de coulpe. Et nous voulons que cela ait valeur pour toujours, chaque année mais seulement un seul jour naturel, depuis les premières vêpres jusqu’aux vêpres du jour suivant, la nuit incluse. »


Cette indulgence plénière est accordée pour l’éternité et est appelée Indulgence de la Portioncule ou du Pardon d’Assise. Nous vous rappelons qu’une indulgence plénière est une remise complète de la peine due à notre péché, depuis notre naissance jusqu’à l’instant où on la reçoit. Elle ne se mérite pas, elle ne se monnaie pas. Elle est une pure grâce, un pur don de la Miséricorde Divine, elle jaillit du plus profond du Cœur de Dieu. L’indulgence de la Portioncule s’obtient, moyennant les conditions requises (cf. ci-dessous), par la visite d’une église franciscaine (notre église Saint Bonaventure à Narbonne par exemple) le 2 août. Outre cette visite, il faut également :
– participer à la messe et communier,
– réciter le credo,
– recevoir le sacrement de la réconciliation,
– prier aux intentions du Pape.

Nous vous souhaitons une bonne fête du Grand Pardon d’Assise !