Mère Teresa : la sainte parfaite pour l’année de la Miséricorde

Ce dimanche 4 septembre 2016, le pape François a canonisé Mère Teresa de Calcutta à Rome. Anjezë Gonxhe Bojaxhiu nait en 1910 à Skopje en Macédoine. A 18 ans, elle s’engage dans l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette et, après un séjour en Irlande, elle part à Calcutta où elle prononce ses vœux temporaires à 31 ans, prenant le nom de Sœur Mary Teresa. Elle se place ainsi sous le patronage de Sainte Thérèse de Lisieux qui voulait vivre « tout par amour ». Elle fait sa profession solennelle en 1937. Elle enseigne alors à des enfants indiens et devient directrice des études à Sainte-Marie, une école réservée aux classes sociales supérieures de Calcutta. Pourtant elle consacre une partie de son temps aux bidonvilles où elle console les démunis et les malades. Le 10 septembre 1946, au cours d’un voyage en train, alors qu’elle essayait de trouver le sommeil, elle reçoit ce qu’elle nomme « l’appel dans l’appel ». Elle raconte cette expérience forte et intime avec ces mots :

« Soudain, j’entendis avec certitude la voix de Dieu. Le message était clair : je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux. C’était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire mais je ne savais comment. »

Elle demande donc l’autorisation de pouvoir quitter sa communauté pour répondre à cet appel. Elle reçoit cette autorisation deux ans plus tard, en 1948, et quitte les sœurs de Lorette avec seulement 5 roupies en poche. Rapidement, elle est rejointe par d’anciennes élèves et en 1950 l’archevêque lui demande d’écrire une règle religieuse, ce qu’elle fait en une nuit. Elle choisit le nom de « missionnaire de la charité », car elle veut répandre l’amour de Dieu. Pendant plus de 40 ans, elle va consacrer sa vie aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants, d’abord en Inde puis dans d’autres pays, et elle guide le développement des Missionnaires de la Charité. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la Paix qu’elle accepte « au nom des pauvres ». Elle ne reniera pas ses engagements en se battant pour protéger la vie, de la naissance à la mort, et en luttant contre le matérialisme et l’égoïsme qui sont à la racine de la pauvreté. Elle meurt le 5 septembre 1997. A sa mort, les sœurs de Mère Teresa étaient au nombre d’environ 4000 et étaient établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde. Elle est béatifiée le 19 octobre 2003 par le pape Jean Paul II (qui l’avait rencontrée) et canonisée aujourd’hui, le 4 septembre 2016 par le pape François. Sa fête est fixée au 5 septembre, jour de son « entrée dans la Vie ».

papeFrancoisDans son homélie pour sa canonisation, le Saint Père a expliqué que « Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine. […] La miséricorde a été pour elle le ‘‘sel’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘lumière’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. » Il a aussi relevé que « sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres. » Enfin, il a conclu son intervention par ces mots qui reflètent bien l’âme de Mère Teresa :

« Je crois qu’il nous sera un peu difficile de l’appeler sainte Teresa ; sa sainteté nous est si proche, si tendre et si féconde que spontanément nous continuerons de lui dire : ‘‘Mère Teresa’’. Que cet infatigable artisan de miséricorde nous aide à comprendre toujours mieux que notre unique critère d’action est l’amour gratuit, libre de toute idéologie et de tout lien et offert à tous sans distinction de langue, de culture, de race ou de religion. Mère Teresa aimait dire : « Je ne parle peut-être pas leur langue, mais je peux sourire ».

Mère Teresa est donc « la sainte parfaite pour l’année de la miséricorde » comme l’a dit le postulateur de la cause, le père Brian Kolodiejchuk. Et il a ajouté, en écho au Pape François :

« Mère Teresa est une sainte pour tout le monde, pour les pauvres et les riches, et pour notre temps, dévasté par tant de violence et d’aridité du cœur ».

Vous pouvez trouver de plus amples détails sur Mère Teresa et sa canonisation en suivant ces liens :

– Une courte biographie de Mère Teresa ainsi que d’autres liens intéressants : [1]
– Une biographie détaillée : [2]
– Les 10 plus belles prières de Mère Teresa : [3]
– Conférence de presse du Vatican sur la canonisation : [4]
– Homélie du Pape François pour la canonisation : [5]
– Audience jubilaire spéciale du 3 Septembre 2016 : [6]
– Intervention du Pape pour le congrès 2016 de l’agence AsiaNews : [7]
– La nuit de la foi de Mère Teresa : [8]
– La messe de la canonisation : [9]

« Ce n’est pas combien nous faisons, mais combien d’amour nous mettons dans ce que nous faisons. » (Mère Teresa)

Une année sainte pour vivre la miséricorde et en faire l’expérience

view-source:https://i1.wp.com/www.photogallery.va/content/dam/photogallery/apertura-porta-santa8dic2015/_0008601.JPG/_jcr_content/renditions/cq5dam.web.800.800.jpegLe pape François a ouvert la Porte Sainte de la basilique Saint Pierre de Rome ce 8 décembre 2015, inaugurant ainsi le Jubilé de la Miséricorde. Dans l’audience générale du mercredi 9 décembre, il est revenu sur cet événement majeur et a proposé « une réflexion sur la signification de cette année sainte ». Pour lui, « l’Église a besoin de ce moment extraordinaire » pour « rendre visibles les signes de la présence et de la proximité de Dieu ». Il s’agit en effet de « diriger notre attention sur le contenu essentiel de l’Évangile : Jésus, la miséricorde faite chair » pour mettre à nouveau au centre de notre vie personnelle, le caractère spécifique de la foi chrétienne, c’est-à-dire Jésus Christ, le Dieu miséricordieux. » En fait, pour le pape François :

« Cette année sainte nous est offerte pour vivre la miséricorde et pour faire l’expérience dans notre vie du contact doux et tendre du pardon de Dieu, de sa présence à nos côtés. »

FilsProdigueLe pape François développe ensuite sa réflexion. Il explique que « ce jubilé est un moment privilégié pour que l’Église apprenne à choisir uniquement « ce qui plaît le plus à Dieu »

« Et ce qui plaît le plus à Dieu c’est : pardonner ses enfants, avoir miséricorde d’eux, afin qu’eux aussi puissent à leur tour pardonner leurs frères, en resplendissant comme les flammes de la miséricorde de Dieu dans le monde. »

Enfin, le pape a rappelé que « la miséricorde peut contribuer réellement à l’édification d’un monde plus humain. ». Il conclut avec ces mots pleins d’espérance :

« Est-il naïf de penser que cela peut changer le monde? Oui, humainement parlant, c’est insensé, mais « ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes» (1 Co 1, 25). »

Vous pouvez retrouver intégralement l’intervention du Pape François lors de l’audience générale ici. Son homélie pour la messe d’ouverture du jubilé est accessible . Le site officiel du jubilé de la Miséricorde est ici. Pour revivre l’ouverture de la Porte Sainte en vidéo, cliquer .

 

 

Clôture du synode pour la famille: Notre défi, annoncer l’Évangile!

Le synode des évêques sur la famille s’est terminé à Rome ce dimanche 25 octobre. Le rapport final proposait 94 articles qui ont été adoptés par les 265 pères synodaux avec la majorité qualifiée requise. Ces derniers ont remis ce rapport au pape, lui demandant d’établir un nouveau document sur la famille. Les points abordés sont très actuels, allant des problématiques de la famille (éducation des enfants, mariages, https://i1.wp.com/synod15.vatican.va/content/dam/sinodo/sinodo2015/fra_969x300_BLOG_SINODO_testata.jpgprotection de la vie à toutes ses étapes, etc.) à celles plus larges de la société (migrants, persécution des chrétiens, conflits, exclusion sociale, etc.). De manière générale, le rapport est fidèle à la doctrine (réaffirmation de l’indissolubilité du mariage, etc.) mais bienveillant à l’égard de toutes les familles sans exclusion. Il n’offre pas de solution toute faite, mais propose d’adopter des attitudes ajustées. Il s’agit ainsi pour les pasteurs d’aborder les situations ne correspondant pas à l’idéal évangélique de manière constructive pour proposer des opportunités de conversion et de croissance humaine et spirituelle dans le respect du cheminement de chacun.

Le pape François, dans son discours de conclusion, prononcé ce samedi 24 octobre, s’est interrogé sur la signification de ce synode pour l’Église. Pour lui, il s’agissait bien sûr de « mettre les difficultés rencontrées par les familles sous la lumière de la Foi » et « de chercher à lire les réalités d’aujourd’hui avec les yeux de Dieu pour éclairer avec la flamme de la foi les cœurs des hommes ». Mais pas seulement. Ce synode a de plus permis de :

IMG_2954« – témoigner à tous que l’Évangile demeure pour l’Église la source vive d’éternelle nouveauté ;
– mettre à nu les cœurs fermés qui se cachent derrière les enseignements de l’Église pour juger les famill
es blessées ;
– et de réaffirmer que l’Église est Église des pauvres en esprit et des pécheurs en recherche du pardon et pas seulement des justes et des saints, ou plutôt des justes et de
s saints quand ils se sentent pauvres et pécheurs ».

Au final, pour le pape :

« Le défi que nous avons devant nous est toujours le même : annoncer l’Évangile à l’homme d’aujourd’hui, en défendant la famille de toutes les attaques idéologiques et individualistes ».

Pour revivre les principaux moments du synode, cliquer ici. Le discours de clôture du pape peut être consulté . La synthèse du rapport final dont est inspirée la première partie de cet article est accessible ici. Une analyse détaillée de ce rapport en quatre parties [1] [2] [3] [4] est également disponible. Enfin, l’homélie du Saint Père pour la messe de clôture est présentée ici. Notons que, dans cette homélie, le pape François a fait le lien avec l’Année Sainte de la Miséricorde, indiquant que :

« Les disciples de Jésus sont spécialement appelés aujourd’hui à placer l’homme au contact de la miséricorde compatissante qui sauve. […] Les situations de misère et de conflit sont pour Dieu des occasions de miséricorde. Aujourd’hui est un temps de miséricorde ! »

Le pape a alors fait le lien avec le synode de la famille. Il a remercié « les pères synodaux pour la route partagée, avec le regard fixé sur le Seigneur et sur nos frères, à la recherche des sentiers que l’Évangile indique à notre temps pour annoncer le mystère d’amour de la famille ». Il a ainsi encouragé chacun à « poursuivre le chemin que le Seigneur désire, avec un regard guéri et sauvé, qui sait répandre de la lumière, parce qu’il rappelle la splendeur qui l’a illuminé. »

Louis et Zélie Martin, le premier couple canonisé de l’histoire de l’Église

Le pape a présidé la messe de canonisation des époux Martin (France), du P. Vincenzo Grossi (Italie) et de sœur Maria de l’Immaculée (Espagne), ce dimanche 18 octobre. Louis et Zélie Martin sont le premier couple de l’histoire à être élevé aux honneurs des hôtels, montrant, en plein synode sur la famille, que « le mariage a la dignité d’une vocation, d’un appel » et que « tout est un chemin vers la sainteté, pas simplement un chemin humain, mais un projet grandiose que Dieu a confié aux époux. » (P. A. Sangalli, postulateur de la cause). Cette canonisation revêt donc une grande importance pour l’Église et pour le Saint Père qui a confié toutes les familles de France et du monde à l’intercession de Louis et Zélie Martin lors de l’angélus qui a suivi la messe.

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Dans son homélie, le pape François a commenté les lectures bibliques de ce dimanche qui « présentent le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.».  Le Saint Père a alors développé une réflexion sur ce thème, expliquant que Jésus nous a montré « le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. […] Il s’agit donc de changer de mentalité et de passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir. » Autrement dit :

« Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. »

C’est que pour le pape, « Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. […] Il a fait l’expérience directe de nos difficultés. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, d’accompagner avec une infinie tendresse leur chemin de souffrance.». Le pape a également expliqué que « chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ : les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : nous devenons des “canaux” de son amour, de sa compassion. » Il a alors fait le lien avec les quatre canonisations du jour, notamment celle de Louis et Zélie Martin, rappelant que :

« Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. »

Rappelons que Louis et Zélie Martin ont eu neuf enfants dont quatre sont morts en bas âge. Leurs cinq autres filles deviendront religieuses. La plus jeune, Thérèse, en développant la voie de l’enfance spirituelle, deviendra Docteur de l’Église et « la plus grande sainte des temps modernes » selon le pape Saint Pie X. Elle est aussi co-patronne de la France et patronne des missions. Elle-même dira de ses parents :

« Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre. »

Le texte intégral de l’homélie du pape à l’occasion de ces quatre canonisations est accessible ici. Vous pouvez retrouver des informations complémentaires sur cet événement ici et sur la cérémonie . Une interview du recteur du sanctuaire d’Alençon, ville où vivaient les époux Martin peut être consultée en suivant ce lien. Des informations très complètes sur les époux Martin et leur famille sont accessibles . Notons enfin que le procès en béatification de leur troisième fille Léonie vient de s’ouvrir, signe de la fécondité de leur vie.

Le 1er septembre, journée de prière pour la sauvegarde de la Création

A la suite de la publication de son encyclique Laudato Si’ sur l’écologie, le pape François vient d’instituer dans l’Église catholique la « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». Cette journée sera désormais célébrée annuellement, tous les 1er septembre. Le pape François rejoint ainsi une pratique des Églises orthodoxes lancée par le patriarche œcuménique Démétrios en 1989. De plus, il a choisi de célébrer cette journée à la même date que ces dernières afin de « témoigner de la communion croissante avec les frères orthodoxes ». Cette initiative a également été suivie par les évêques de l’Église d’Angleterre et de l’Église Anglicane d’Afrique du Sud. A l’occasion de l’institution de cette journée, le pape François a publié une lettre. L’extrait proposé ci-après nous montre les motivations et les attentes du Saint Père :

« La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons. »

Le texte intégral de cette lettre est disponible ici. Vous pouvez revivre la cérémonie en images et consulter l’homélie prononcée à cette occasion par le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., prédicateur de la Maison Pontificale, en suivant ce même lien. Enfin, vous trouverez de plus amples informations sur l’initiative des évêques anglicans ici et sur la journée elle-même en cliquant ou bien encore .

Canonisation de Louis et Zélie Martin : la sainteté pour tous!

Louis et Zélie Martin, les parents de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, vont être canonisés le dimanche 18 octobre 2015 lors du synode des évêques sur la LouisZelieMartinfamille. Cette canonisation revêt une importance particulière car il s’agit du premier couple de l’histoire à être élevé aux honneurs des autels. Pour le P. A. Sangalli, postulateur de la cause, l’Église montre ainsi que « le mariage a la dignité d’une vocation, d’un appel. Les époux sont investis par l’autorité de Dieu pour commencer une famille. […] Il y a un « travail des couples », d’abord en tant que fiancés, puis comme jeunes mariés et enfin comme parents, pas à pas. Tout est un chemin vers la sainteté, pas simplement un chemin humain, un accomplissement humain, mais un projet grandiose que Dieu a confié aux époux. »
Louis et Zélie Martin, bien qu’ayant vécu à la fin du XIXème siècle, forment un couple très actuel. En effet, Zélie est une femme active, pleine d’humour, qui s’installe comme dentelière, procurant du travail à 18 ouvrières, qu’elle « aime comme sa propre famille » selon ses propres termes. Elle est donc à la fois épouse et chef d’entreprise. Louis est horloger-bijoutier à Alençon et, après son mariage, quitte son métier pour seconder Zélie dans la direction de la fabrique. Ensemble, ils auront neuf enfants dont quatre mourront en bas âge. Ils ont transmis à leurs cinq autres filles (Marie, Pauline, Léonie, Céline et Thérèse) une foi ardente et leur ont appris à exercer la charité en étant attentifs à tous ceux qui sont dans le besoin. Toutes deviendront religieuses (quatre seront carmélites et une visitandine). La plus jeune, Thérèse, en développant la voie de l’enfance spirituelle, deviendra Docteur de l’Église et « la plus grande sainte des temps modernes » selon le pape Saint Pie X. Les épreuves n’ont pas manqué dans leur vie. Outre la mort en bas âge de quatre de leurs enfants, ils devront affronter la maladie. Zélie meurt ainsi d’un cancer à 46 ans, le 28 août 1877, soit quatre ans et demi à peine après la naissance de Thérèse. Louis, quant à lui, connaitra l’épreuve du veuvage avant de souffrir de troubles neuro-psychiatriques dès l’âge de 65 ans. Il meurt le 29 juillet 1894.

Louis et Zélie Martin sont donc proposés aujourd’hui comme modèle de sainteté dans le mariage et la famille. Ils ont su vivre leur vie quotidienne « ordinaire » de manière extraordinaire et être témoins de l’amour de Dieu dans leur famille et dans le monde. Sainte Thérèse elle-même parlait ainsi de ses parents :

« Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre. »

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter :
♦ l’interview du P. Antonio Sangalli, postulateur de la cause de canonisation,
♦ l’homélie que Mgr. Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, a consacré à Louis et Zélie à l’occasion de l’élévation de l’église Notre-Dame d’Alençon au rang de basilique,
♦ le dossier de presse réalisé par la CEF,
♦ le récit du miracle nécessaire à leur canonisation,
♦ l’annonce de l’ouverture du procès en béatification de leur fille Léonie,
♦ le livre Histoire d’une âme par Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Encyclique Laudato Si’ : « Le monde est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange »

L’encyclique du pape François « Laudato Si’ » a été publiée ce 18 juin 2015.  Elle porte sur IMG_1257l’écologie et la préservation de la Création. Il s’agit donc d’une encyclique profondément sociale.  A travers cette encyclique, le pape plaide pour une « spiritualité écologique » et encourage à une « conversion écologique ». Elle est organisée en six chapitres. Le premier dresse un constat de l’état actuel de l’environnement et des problèmes qui y sont afférents. Le second porte sur l’Évangile de la Création et amène le lecteur à la contemplation du « mystère de l’univers ». Le troisième est focalisé sur la « racine de la crise écologique », tandis que le quatrième, cœur de l’encyclique, s’intéresse à ce que le pape appelle « l’écologie intégrale » qui recouvre : « l’écologie environnementale, économique, sociale, culturelle, et l’écologie de la vie quotidienne ». Enfin, le chapitre 5 propose « quelques lignes d’orientation et d’action », tandis que le dernier  porte sur « l’éducation à l’alliance entre l’humanité et l’environnement » pour « miser sur un autre style de vie » car « nous ne pouvons plus vivre comme cela ! ». L’encyclique se termine par deux prières : une « prière pour notre terre » et une « prière chrétienne avec la Création » : cette dernière n’est pas sans rappeler le Cantique des Créatures écrit par Saint François d’Assise et dont le titre de l’encyclique « Laudato Si » est tiré. Nous la reprenons intégralement ci-après.

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,  qui sont sorties de ta main puissante. Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus, toutes choses ont été créées par toi. Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie, tu as fait partie de cette terre, et tu as regardé ce monde avec des yeux humains. Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière orientes ce monde vers l’amour du Père et accompagnes le gémissement de la création, tu vis aussi dans nos cœurs pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.

Ô Dieu, Un et Trine, communauté sublime d’amour infini, apprends-nous à te contempler dans la beauté de l’univers, où tout nous parle de toi. Éveille notre louange et notre gratitude pour chaque être que tu as créé. Donne-nous la grâce de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe. Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi. Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence, aiment le bien commun, promeuvent les faibles, et prennent soin de ce monde que nous habitons. Les pauvres et la terre implorent : Seigneur, saisis-nous par ta puissance et ta lumière pour protéger toute vie, pour préparer un avenir meilleur, pour que vienne ton Règne de justice, de paix, d’amour et de beauté.
Loué sois-tu.

Le texte intégral de cette encyclique est consultable ici et téléchargeable en pdf . Une synthèse, de laquelle cet article est inspiré, est accessible en suivant ce lien. Une analyse intéressante du vocabulaire utilisé est proposée ici et un survol des six parties de l’encyclique à travers quelques phrases clés est présenté sur ces pages [1] [2] [3] [4] [5] [6]. Enfin, quelques originalités de cette encyclique sont mises en exergue .

Bonne lecture !

Une Année Sainte pour se laisser surprendre par Dieu

Le pape François a publié samedi 11 avril la bulle d’indiction (i.e., de convocation) du jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Cette bulle a été l’occasion pour le souverain pontife d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à ouvrir cette année sainte ainsi que ses attentes pour l’Église et pour le monde.

Tout d’abord, le pape François est longuement revenu sur le mot « miséricorde ». Pour lui, « la miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à FilsProdiguel’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. » Et il insiste : « La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne. ». Mais, il relève qu’il ne faut pas confondre miséricorde et faiblesse : « La miséricorde est l’expression de la toute-puissance de Dieu. […] Elle vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. ». Ainsi, la Porte Sainte qui sera ouverte sera « une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance. ».

Le Pape François a ensuite détaillé les raisons qui l’ont poussé à convoquer cette année sainte et ses attentes. Il explique ainsi qu’il « a voulu ce Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde car nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la miséricorde. ». Pour lui, il est en effet essentiel que « les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde et que ce baume puisse parvenir à tous, croyants ou non, comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. ». La miséricorde doit donc se trouver « au cœur de la nouvelle évangélisation car c’est le cœur battant de l’Évangile que l’Église a pour mission d’annoncer. ». Et le pape François d’adresser un message aux chrétiens : « là où l’Église est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. ». Et il exhorte chacun à « ne pas tomber dans l’indifférence et l’habitude mais à ouvrir les yeux pour voir les misères du monde et les soulager ». Ilchapfam63 encourage également les chrétiens à « remettre au centre le sacrement de la réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde », avec une demande particulière aux prêtres : « les confesseurs ne poseront pas de questions impertinentes, mais comme le père de la parabole, ils interrompront le discours préparé par le fils prodigue, parce qu’ils sauront accueillir dans le cœur du pénitent l’appel à l’aide et la demande de pardon. ».

Pour conclure, écoutons le Pape François résumer en quelques mots sa pensée :

« Une Année Sainte extraordinaire pour vivre dans la vie de chaque jour la miséricorde que le Père répand sur nous depuis toujours. Au cours de ce Jubilé, laissons-nous surprendre par Dieu. Il ne se lasse jamais d’ouvrir la porte de son cœur pour répéter qu’il nous aime et qu’il veut partager sa vie avec nous. L’Église ressent fortement l’urgence d’annoncer la miséricorde de Dieu. […] Du cœur de la Trinité, du plus profond du mystère de Dieu, jaillit et coule sans cesse le grand fleuve de la miséricorde. Cette source ne sera jamais épuisée pour tous ceux qui s’en approcheront. Chaque fois qu’on en aura besoin, on pourra y accéder, parce que la miséricorde de Dieu est sans fin. Autant la profondeur du mystère renfermé est insondable, autant la richesse qui en découle est inépuisable. »

Le texte intégral est disponible ici. Vous pouvez également trouver des informations complémentaires sur le jubilé de la miséricorde .

Une Année Sainte pour célébrer la Miséricorde Divine !

Le Pape François a annoncé l’organisation d’une année jubilaire, une Année Sainte de la Miséricorde. Elle débutera le 8 décembre prochain, jour de la fête de l’Immaculée Conception, avec l’ouverture de la Porte Sainte à la basilique Saint Pierre de Rome et s’achèvera par la solennité du Christ Roi, le 20 novembre 2016. Le Pape présentera la bulle papale d’indiction (c’est-à-dire de convocation) du Jubilé de la Miséricorde ce samedi 11 avril. Dans cette bulle, sont précisés, outre les dates d’ouverture et de conclusion, le déroulement, l’esprit, le sens, les conditions, les intentions et les attentes du Pape à l’occasion de cette année sainte. Notons que le Pape François a choisi de la pFilsProdigueublier en la veille de la fête de la Miséricorde Divine, une manière pour lui de montrer l’importance que cette dernière revêt pour notre temps. Pour mieux comprendre cela, il est nécessaire de préciser le sens du mot « miséricorde ». A l’origine, ce mot désignait les « entrailles » qui frémissent sous le coup de la douleur et de la peine. Une émotion que connaissent bien les parents lorsque leur enfant est malade. Un biographe de Saint Jean Paul II disait que pour ce dernier : « La miséricorde, c’est beaucoup plus que la charité, ou la compassion, ou même le pardon. Cela va au-delà. ». De nombreux versets de la Bible nous le rappellent. Nous en citerons seulement deux. Écoutons Jérémie et Isaïe, deux prophètes de l’Ancien Testament, qui déjà exprimaient si bien la miséricorde de Dieu pour nous :

« Ephraïm est-il donc pour moi un fils si cher, un enfant tellement préféré que chaque fois que j’en parle je veuille encore me souvenir de lui ? C’est pour cela que mes entrailles s’émeuvent pour lui, que pour lui déborde ma tendresse. » (Jérémie, 31, 20).

et encore

« Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour t’oublier, Moi, je ne t’oublierai jamais. » (Isaïe, 49, 15).

Voila les sentiments de Dieu à notre égard et voila ce que le Pape François veut nous rappeler à travers la convocation de cette Année Sainte de la Miséricorde. Lorsque nous souffrons, Dieu souffre avec nous. Il ne prend pas plaisir à notre malheur, mais il nous accompagne tout au long de notre vie, y compris dans nos moments difficiles, nous ouvrant ainsi à l’espérance.

De plus amples détails sur la bulle d’indiction de l’année sainte et sur le jubilé sont consultables ici et . Pour en savoir plus sur la miséricorde, cliquer ici. Et pour en faire l’expérience, n’hésitez pas à vous rapprocher du sacrement de la réconciliation qui est, comme le dit le Pape François dans son tweet du 31 mars 2015, « le sacrement de la tendresse de Dieu pour nous, sa manière de nous embrasser. ». De plus amples informations sur ce beau sacrement sont disponibles ici.

Deux nouveaux bienheureux dans l’ordre franciscain conventuel

En passant

Le martyre au Pérou de deux frères franciscains conventuels polonais, fr. Michal Tomaszek et fr. Zbigniew Strzalkowski, vient d’être reconnu par le Pape François. Ils ont été assassinés par le Sentier Lumineux les 9 et 25 août 1991. Ils seront béatifiés en août prochain, en compagnie d’un prêtre italien, le P. Alessandro Dordi, victime des mêmes rebelles. La cérémonie de béatification aura lieu au Pérou. De plus amples informations sont disponibles ici, et encore .